Un bruit en ligne qui se renforce …
Alors que l’échéance approche, les communautés du web militant renforcent la mobilisation : l’appel « Ultimatum Climatique », lancé par un groupe d’ONG, a recueilli plus de 146 000 signatures et des initiatives « in real life » apparaissent. Après les actions entreprises en ligne, militants et sympathisants sont appelés à concrétiser : Avaaz apparaît comme un des acteurs les plus actifs en la matière, demandant à ses contacts de téléphoner au cabinet de Nicolas Sarkozy , apparemment avec succès : « Le message semble être passé auprès du Cabinet de Sarkozy qui a contacté Avaaz hier soir, très surpris par cette action inhabituelle » déclarent-ils sur leur site à l’issue de l’action. Une nouvelle action d’envergure est en préparation : les militants ont rdv le 21 septembre pour sonner » l’alarme climatique qui réveillera les décideurs ». Organisée à l’initiative du mouvement mondial pour agir contre les changements climatiques (Tcktcktck soutenu par Kofi Annan), cette « flash mob« a été conçue pour faire le tour du monde. Quelque 500 événements sont prévus dans 55 pays, comme le montre la carte interactive des mobilisations mondiales mise en ligne par Avaaz , qui a également produit une « trousse à outil du militant« pour ce jour. Pour la France, 760 personnes ont confirmé, via Facebook, leur participation à la mobilisation , promue, entre autres, par le WWF et Greenpeace. Enfin, au delà de la sphère écologique et environnementale, d’autres communautés militantes émergent. Pour faire de Copenhague un combat environnemental, mais aussi et surtout social, l’extrême gauche se mobilise. Un texte intitulé Appel Urgence climatique, justice sociale a été publié par plusieurs signataires : Action Consommation, A.C. ! Agir ensemble contre le chômage, Aitec – IPAM, Amis de la Terre, Attac, Bizi !, Confédération Paysanne, Ecorev’, Fac Verte, FSU, Fondation Copernic, LDH, Mouvement de la Paix, MRJC, Réseau Féministe « Ruptures », Réseau Sortir du nucléaire, Solidaires, Vélorution Paris Île-de-France, Zone d’Ecologie Populaire et soutenu par Alter Ekolo, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), Les Alternatifs, Les Verts, Parti de Gauche, le NPA.… mais qui ne pénètre pas l’ensemble du web social et citoyen :
En effet, on peut observer que si les tweets contenant les hashtags dédiés au sujet (#cop15, ou encore #climatechange) s’intensifient, si les participants Facebook aux différents groupes augmentent, et si le continent « sociétal » du web social est un producteur prolifique d’articles et de billets, cette montée en puissance reste limitée à une frange réduite du web citoyen. En effet, ce sont les hyperconnectés, hyperengagés des communautés « politiques » et « agora » qui sont présents et qui s’expriment. Les continents Loisirs et Individualité, qui touchent tous deux plus à l’intime, au personnel, apparaissent imperméables au sujet. Ainsi, en dehors d’une catégorie d’internautes spécialistes du militantisme en ligne et des arcanes de la communication 2.0, le reste des internautes et donc, des citoyens connectés, n’est pas touché : des communautés pourtant habituellement sensibles aux débats environnementaux, telles que les fans d’automobile, ou encore les mamans n’abordent pas le sommet lui-même ou les initiatives militantes sur ces trois dernières semaines.impact et pénétration territoriale du thème « sommet de Copenhague » sur le web social français source : portail linkscape
Au delà des sites ou blogs, la même tendance est détectée dans les grands carrefours de conversations : des recherches dans les trois grands forums français que sont Doctissimo.fr, AuFeminin.com et Forum-Auto.com sur les mots clés « sommet de copenhague » et « ultimatum climatique » n’ont donné qu’un nombre de résultats extrêmement réduit, mettant en lumière des conversations non suivies, non relancées .
En dehors du bruit médiatique remarquable créé par la mobilisation dans les zones militantes du web, la grande majorité du web social n’analyse pas le sommet, ne débat pas et ne produit pas d’arguments en faveur ou à l’encontre du Sommet de Copenhague.
Alors que ces communautés sont sensibles et productives sur des sujets environnementaux connexes au Sommet, on peut s’interroger sur la stratégie d’occupation du territoire numérique mise en place par les organisations, les sympathisants, les militants : sauront ils trouver les chemins d’accès aux autres continents du web social, ou ceux-ci resteront ils inexplorés ?





