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2009 novembre

27 novembre 2009

Les Français de + en + présents sur le web (social), toutes catégories confondues

linkfluence, social media — Anthony Hamelle
Les Français sont de plus en plus nombreux à utiliser Internet et semblent faire de plus en plus confiance aux opinions de leurs pairs (amis, consommateurs, citoyens, etc.) sur le web. Ce sont les conclusions respectives auxquelles arrivent la dernière vague de l’observatoire des usages Internet de Médiamétrie ainsi qu’un sondage Harris Interactive sur l’influence d’Internet (réalisé auprès d’un échantillon de 1.000 internautes de 15 ans et plus, présentant donc des marges d’erreur oscillant entre ±1,5% et ±3% environ). Le seuil de 2/3 des Français (de 11 ans et plus) connectés à Internet a enfin été dépassé. Au-delà du nombre, qui à lui seul rend Internet incontournable en tant que vecteur de communication pour les entreprises ou les institutions, c’est la structure sociodémographique de la population internaute qui attire l’oeil. En effet, Médiamétrie confirme que les internautes français ressemblent en tous points ou presque … aux Français dans leur ensemble. Qu’il s’agisse de l’âge, du lieu d’habitation ou encore du niveau de revenus, il semblerait que la population internaute soit, pour ainsi dire, représentative de la population française dans son ensemble (voir l’édition de mai dernier de l’Observatoire de Médiamétrie pour plus de détails). Les personnes les plus âgées ou les ruraux ont par exemple rattrapé leur retard sur Internet par rapport aux plus jeunes ou aux urbains. Les plus de 55 ans, les femmes ou les catégories socio-professionnelles dites inférieures (CSP-) pèsent approximativement le même poids au sein de la population internaute qu’au sein de la population française dans son ensemble. En d’autres termes, on ne saurait plus opposer à Internet, en tant que vecteur de communication, son incapacité à toucher toutes les catégories de Français qui sont bien présentes sur Internet. S’agissant de l’expression ou de la consultation des opinions des internautes sur le web, une majorité d’internautes, en France comme ailleurs, sont actifs sur le web social (blogs, forums, réseaux sociaux, etc.). Nielsen confirmait ainsi en mars dernier (rapport Global Faces & Networked Places) que les internautes passent plus de temps sur les réseaux sociaux de type Facebook qu’ils ne le font à s’occuper de leurs courriers électroniques. L’institut Forrester Research confirme pour sa part, semestre après semestre, que les internautes écrivent, commentent ou s’attardent sur les différents lieux d’interaction et d’expression que le web offre. En France, 60% des internautes seraient présents, de différentes manières, sur ce web social. Dans cette sous-partie de la population internaute, on retrouve certes un biais de sur-représentation en faveur des plus jeunes, des plus hauts revenus ou des urbains par exemple. Cependant, ce déséquilibre tend à s’estomper rapidement, les plus forts taux de croissance eu égard à la présence sur le web social s’observent parmi les plus de 55 ans. Ce que nous devons retenir de ce web social, et plus largement du comportement des internautes sur le web, c’est que la confiance se place de plus en plus de manière horizontale auprès de pairs : famille et amis, autres consommateurs, « blogueurs-experts », etc. Ce phénomène de confiance horizontale dépasse d’ailleurs les frontières du web et traversent nos sociétés, parfois dites de défiance vis-à-vis des pouvoirs établis. Une récente étude réalisée par Harris Interactive et Euro RSCG C&O révèle ainsi que les consommateurs en viennent, en période de crise, à changer leurs modes de consommation des marques et des produits. Pour en revenir au web, l’agence Razorfish (pour les Etats-Unis) ou l’institut Harris Interactive (pour la France) nous confirment que les internautes font d’abord confiance à leurs pairs, avant les discours et sites officiels d’entreprises ou de médias par exemple. Aux Etats-Unis, près de 8 internautes sur 10 font confiance à leur entourage (famille et amis) quand ils leur parlent de marques, quand 6 sur 10 font confiance à des « blogueurs-experts ». En France, 7 internautes sur 10 disent accorder de l’importance à Internet lorsqu’ils recueillent de l’information (contre 8 sur 10 à leur entourage ou moins d’1 sur 2 à la télévision par exemple). S’agissant de ce constat en particulier, on regrettera simplement qu’Harris Interactive ait posé une question qui paraît bancale et peu compréhensible. En effet, demander aux répondants s’ils accordent leur confiance à leur entourage, à Internet, à la presse écrite, à la radio et à la télévision revient à poser une question du type « Préférez-vous les bananes, les boîtes de conserve, le boeuf, le veau ou le mouton ? ». En effet, cette question comporte des réponses de trois natures très différentes, un cercle social (entourage), un réseau technique (Internet) et des médias à contenu (presse, radio, TV). On notera d’ailleurs qu’Internet contient les deux autres catégories plus qu’il ne les exclue : l’entourage sur les réseaux sociaux ou les médias sur leurs sites respectifs. L’ensemble des ces données et études convergent quoi qu’il en soit pour confirmer la place accrue qu’occupent Internet parmi la population française, le web social parmi les internautes et l’influence horizontale parmi ceux-ci.

20 novembre 2009

Cartographie de l’eurosphere

ereputation, linkfluence, études marketing & opinion — Tags: , , , — Guilhem Fouetillou
Pour tous ceux qui suivent le PDF Europe (IRL, sur twitter ou en live streaming), voici le support de présentation de linkfluence. Nous avons proposé une première tentative de cartographie du web politique européen, sa structure, ses dynamiques et l’intérêt de différentes communautés politiques nationales pour la désignation du premier président du conseil européen. Pour réentendre notre intervention et donc avoir la bande son de la présentation, rendez vous ici. Vous pouvez par ailleurs consulter notre billet en anglais pour de plus amples explications sur cette étude. Map & Analysis of the European political web

2 novembre 2009

La tarte à la crème de … la mesure d’audience

ereputation, social media marketing, social media monitoring — Guilhem Fouetillou
Devant le succès du premier épisode (billet le plus lu du blog linkfluence), nous ne pouvons résister à l’envie de continuer la série des tartes à la crème. Le 20 octobre dernier Jeff Mignon s’interrogeait sur le déclin des sites de journaux en ligne en s’appuyant sur les données fournies par Google Adplanner. Le 1er novembre (hier donc), Francis Pisani reprend l’information mais s’interroge déjà sur la qualité de la source en mettant en opposition résultats de Google et chiffres fournis par Nielsen. La problématique se déplace ainsi de « pour quoi l’audience des journaux en ligne baisse-t-elle ? » à « l’audience des journaux en ligne baisse-t-elle vraiment ? ». Et aujourd’hui, Benjamin Ferran du blog technotes du Figaro, qui reprend la polémique et s’interroge pour sa part sur la qualité des informations fournies par Google Trends/Adplanner faisant ainsi passer la question à « Google fournit-il des données d’audience pertinentes ? ». Alors devant tant d’interrogations et parce que la question de la mesure d’audience nous intéresse, à linkfluence, tout autant que celle de l’analyse de sentiment, nous avons essayé d’y voir plus clair. Pour ce faire, nous avons multiplié les sources à défaut de pouvoir accéder aux données d’audience du site du New York Times. Plusieurs acteurs aujourd’hui se battent sur ce marché ultra stratégique de la mesure d’audience sur le web et certains proposent d’accéder à leurs données en ligne. Plus qu’un long discours voici donc les captures d’écran des audiences du New York Times pour chacun d’eux.

Google Adplanner

adplanner Période : mai 2007 à octobre 2009 Unité : Daily Unique Visitors (users) soit le nombre de visiteurs uniques visitant chaque jour le site Source : https://www.google.com/adplanner/#siteSearch?identifier=nytimes.com&geo=US&trait_type=1&lp=false

Quantcast

quantcast Période : mars 2007 à octobre 2009 Unité : Monthly Unique Visitors, soit le nombre de visiteurs uniques visitant chaque mois le site Source : http://www.quantcast.com/nytimes.com#summary

Compete

compete Période : septembre 2008 à septembre 2009 Unité : Monthly Unique Visitors, soit le nombre de visiteurs uniques visitant chaque mois le site Source : http://siteanalytics.compete.com/nytimes.com/

Alexa

alexa1 Période : novembre 2008 à octobre 2009 Unité : Daily Reach (percent), soit pour chaque jour le pourcentage d’américains ayant consulté au moins une page du journal Source : http://www.alexa.com/siteinfo/nytimes.com

Commentaire

Donc … Essayons d’être un minimum rigoureux ! Adplanner nous explique que depuis début 2008 la tendance générale est à la baisse et que le New York Times a reçu sur la période étudiée entre 1,5 millions et 3 millions de visiteurs unique jour. Quantcast de son côté présentait une tendance à la baisse entre mars et octobre 2007 suivi d’une formidable remontée entre octobre 2007 et mars 2008 (+50% de visiteurs uniques par mois) puis à nouveau une descente aux enfers jusqu’en juillet 2009 pour conclure sur une embellie finale depuis 3 mois (que d’agitation !). Les chiffres représentent des visiteurs uniques par mois et les valeurs semblent comparables avec les visiteurs uniques jours de Adplanner (en effet si on considère que nos visiteurs uniques jour de Google reviennent en moyenne 4 fois par mois sur le New York Times alors les chiffres présentés sont cohérents). Compete n’offre qu’un an de données sur son accès public. On constate des chiffres plutôt stables entre septembre 2008 et juillet 2009 (entre 15 et 16 millions de visiteurs uniques par mois) puis une augmentation nette sur aout et septembre. Enfin Alexa qui en vieux briscard de la mesure d’audience sur le web (c’est le plus vieux acteur des 4) nous fournit une belle courbe de reach stable sur 1 an.

Bilan

Commençons par les points « positifs » : les taux de visiteurs uniques par jour, par mois et le reach semblent grosso modo comparables ! (ouf, au moins on ne pourra pas dire que l’on fait du mauvais esprit). Dans la liste des choses à « améliorer » : les tendances. La période septembre 2008 à juillet 2009 est particulièrement instructive. Pour Google ça baisse, pour Quantcast ça chute aussi mais beaucoup plus fortement, pour Compete ça stagne et pour Alexa ça reste stable en Reach donc logiquement ça augmente en nombre de visiteurs uniques (taux de connexion aux US en constante progression) et enfin pour Nielsen ça monte. De même pour les 3 derniers mois avec Compete et Quantcast qui nous annonçent une magnifique envolée qui semble invisible à Google et Alexa. Quand finalement, on voit que ces données servent de base à des milliards d’euros, de dollars, de yens, de roupies, de yuans d’investissements publicitaires chaque année dans le monde et bien … et bien … et bien … on reste tout de même un minimum perplexe.

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