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social media

23 avril 2010

Facebook : de la nécessité de protéger ses données « relationnelles »

linkfluence, social media — Linkfluence

Article de Guilhem Fouetillou paru sur lemonde.fr le 22 avril 2010 (Cliquez sur l’image pour y accéder) :

7 avril 2010

Katz-Lazarsfeld, two step flow, l’influence et le web

brand research, ereputation, social media — Tags: , , , — Guilhem Fouetillou

Mais où se cachent donc les influenceurs ! Comme s’il n’était pas déjà suffisant de se poser l’épineuse question de savoir ce qu’est un influenceur, il faut, une fois, qu’on lui a attribué un ensemble de caractéristiques, réussir à le situer, à l’approcher, à le capter !

Les spécialistes du marketing traquent cet animal singulier depuis des décennies. Plongés dans la masse de données, de chiffres, de pourcentages fournis par des milliers d’études quantitatives, ils découpent, décortiquent, divisent, segmentent leurs populations par âge, lieu de vie, niveau d’éducation, revenus et à force d’extrapolations, d’interpolations, de projections ou de triangulations pointent du doigt un enfant de 5 ans prescripteur auprès de ses parents pour les achats de confiserie, une jeune étudiante parisienne prescriptrice auprès de ses copines pour les achats culturels ou une mère de famille de Senlis prescriptrice auprès de ses collègues et de monsieur pour l’achat d’une voiture familliale … Dans le modèle de Katz et Lazarsfeld du two step flow of communication -modèle central de la théorie de diffusion des innovations- utilisé massivement en marketing depuis 50 ans, une innovation ou l’adoption d’un comportement ou d’une opinion se réalise au sein de groupes sociaux homogènes en deux temps. Un premier temps qui est celui de l’adoption par un petit nombre d’autorités influentes (early adopters) au sein du groupe puis un second temps lorsque ces influenceurs deviennent prescripteurs auprès de l’ensemble du groupe faisant basculer la majorité de celui-ci dans l’adoption. Pour Katz et Lazarsfeld, ces individus prescripteurs possèdent une forte proximité aux médias, sont d’importants consommateurs d’informations. Plus globalement ils sont des relais ou des gatekeepers entre différents groupes sociaux homogènes et profitent de leur position intermédiaire pour assurer justement la transmission des innovations. Jusqu’à aujourd’hui, pour adapter ce modèle à nos sociétés, la sociologie quantitative a approché cette question des groupes sociaux par la segmentation des populations sous forme de classe d’âge, de revenus, d’éducation et de localisation, on parle de segmentation socio-démographique. Le marketing applique donc cette théorie en considérant qu’il existe dans chacune de ces classes « homogènes » des influenceurs à cibler qui par bouche à oreille assureront l’adoption de la nouveauté par l’ensemble du groupe.

Hors ces groupes homogènes n’existent pas. Les groupes sociaux, nous le savons tous, car nous existons tous à l’intersection de l’ensemble de nos cercles sociaux, présentent un certain niveau d’homophilie et d’homogénéité mais n’en sont pas pour autant parfaitement identiques en classe d’âge, de revenus, d’éducation. Un jeune n’a pas que pour amis et proches des jeunes, un habitant de Poitiers peut avoir de nombreux amis à Caen et avoir un diplôme d’enseignement supérieur ne vous empêche pas pour autant d’avoir des proches non diplômés. Les segments socio démographiques ont donc été établis pour modéliser une complexité sociale qui échappait à toute forme d’observation dans sa globalité. La réalité de nos interactions sociales ont alors été simplifiées et contraintes dans ses groupes homogènes, mesurables, opérationnels mais artificiels …

Aujourd’hui le web offre un terrain inédit pour repenser ces groupes sociaux homogènes. De par son caractère stigmergique (il archive et stocke la trace de la majorité des interactions sociales qui s’y déroulent), le web offre un terrain d’observation in vivo des interactions sociales entre individus et permet de reconstituer les dynamiques d’échange, de conversation, d’influence, d’adoption entre les individus indépendamment de critères socio-démographiques. Et l’observation nous permet de constater que sur le web, les individus se rassemblent par affinités communes et prennent la parole sur les sujets qui les passionnent, échangeant et faisant communauté autour de ces thématiques. L’influence de même se distribue en fonction de ces sujets, un individu ou un site web n’est pas influent dans l’absolu, il l’est sur un sujet et son pouvoir de prescription ne se réalisera que lorsqu’il l’appliquera à son domaine d’expertise ou d’autorité.

Le two step flow de Katz et Lazarsfeld ne se retrouve pas par ces observations remis fondamentalement en cause, il reste un modèle simplificateur qui contraint en partie le social et c’est bien là son intérêt comme celui de tous les modèles : découper le réel en éléments logiques appréhendables et interopérables. C’est son application par contre qui est en train aujourd’hui de subir une révolution. Les segments socio-démographiques modélisent bien trop grossièrement des groupes qui peuvent être finement détourés, définis par la constitution de segments psychographiques rassemblant les individus par leurs affinités communes. Le web permet d’observer in vivo ces groupes sociaux, de mesurer l’intensité de leur activité, de modéliser leurs dynamiques d’interactions, de représenter la cinétique des mouvements prescriptifs qui y circulent et d’adoption qui en découlent.

A partir de ces observations et mesure, les influenceurs, les prescripteurs ou early adopters prennent corps en des auteurs de blogs, des contributeurs de forums, des comptes twitter, tous pris dans leur réseaux d’interactions, dans leur écosystème informationnel.

Ils ne sont plus des catégories abstraites et désincarnées que l’on est incapable d’écouter et que l’on cible maladroitement par des campagnes d’affichage, presse, radio ou télé grossièrement ciblées.

Ils prennent chair et appellent une considération, une attention adressée, ils deviennent des interlocuteurs, des sujets d’attention à part entière.

Ils abandonnent leur étiquette, sortent de leur case et retrouvent la singularité réticulée qui fait leur richesse.

27 novembre 2009

Les Français de + en + présents sur le web (social), toutes catégories confondues

linkfluence, social media — Anthony Hamelle
Les Français sont de plus en plus nombreux à utiliser Internet et semblent faire de plus en plus confiance aux opinions de leurs pairs (amis, consommateurs, citoyens, etc.) sur le web. Ce sont les conclusions respectives auxquelles arrivent la dernière vague de l’observatoire des usages Internet de Médiamétrie ainsi qu’un sondage Harris Interactive sur l’influence d’Internet (réalisé auprès d’un échantillon de 1.000 internautes de 15 ans et plus, présentant donc des marges d’erreur oscillant entre ±1,5% et ±3% environ). Le seuil de 2/3 des Français (de 11 ans et plus) connectés à Internet a enfin été dépassé. Au-delà du nombre, qui à lui seul rend Internet incontournable en tant que vecteur de communication pour les entreprises ou les institutions, c’est la structure sociodémographique de la population internaute qui attire l’oeil. En effet, Médiamétrie confirme que les internautes français ressemblent en tous points ou presque … aux Français dans leur ensemble. Qu’il s’agisse de l’âge, du lieu d’habitation ou encore du niveau de revenus, il semblerait que la population internaute soit, pour ainsi dire, représentative de la population française dans son ensemble (voir l’édition de mai dernier de l’Observatoire de Médiamétrie pour plus de détails). Les personnes les plus âgées ou les ruraux ont par exemple rattrapé leur retard sur Internet par rapport aux plus jeunes ou aux urbains. Les plus de 55 ans, les femmes ou les catégories socio-professionnelles dites inférieures (CSP-) pèsent approximativement le même poids au sein de la population internaute qu’au sein de la population française dans son ensemble. En d’autres termes, on ne saurait plus opposer à Internet, en tant que vecteur de communication, son incapacité à toucher toutes les catégories de Français qui sont bien présentes sur Internet. S’agissant de l’expression ou de la consultation des opinions des internautes sur le web, une majorité d’internautes, en France comme ailleurs, sont actifs sur le web social (blogs, forums, réseaux sociaux, etc.). Nielsen confirmait ainsi en mars dernier (rapport Global Faces & Networked Places) que les internautes passent plus de temps sur les réseaux sociaux de type Facebook qu’ils ne le font à s’occuper de leurs courriers électroniques. L’institut Forrester Research confirme pour sa part, semestre après semestre, que les internautes écrivent, commentent ou s’attardent sur les différents lieux d’interaction et d’expression que le web offre. En France, 60% des internautes seraient présents, de différentes manières, sur ce web social. Dans cette sous-partie de la population internaute, on retrouve certes un biais de sur-représentation en faveur des plus jeunes, des plus hauts revenus ou des urbains par exemple. Cependant, ce déséquilibre tend à s’estomper rapidement, les plus forts taux de croissance eu égard à la présence sur le web social s’observent parmi les plus de 55 ans. Ce que nous devons retenir de ce web social, et plus largement du comportement des internautes sur le web, c’est que la confiance se place de plus en plus de manière horizontale auprès de pairs : famille et amis, autres consommateurs, « blogueurs-experts », etc. Ce phénomène de confiance horizontale dépasse d’ailleurs les frontières du web et traversent nos sociétés, parfois dites de défiance vis-à-vis des pouvoirs établis. Une récente étude réalisée par Harris Interactive et Euro RSCG C&O révèle ainsi que les consommateurs en viennent, en période de crise, à changer leurs modes de consommation des marques et des produits. Pour en revenir au web, l’agence Razorfish (pour les Etats-Unis) ou l’institut Harris Interactive (pour la France) nous confirment que les internautes font d’abord confiance à leurs pairs, avant les discours et sites officiels d’entreprises ou de médias par exemple. Aux Etats-Unis, près de 8 internautes sur 10 font confiance à leur entourage (famille et amis) quand ils leur parlent de marques, quand 6 sur 10 font confiance à des « blogueurs-experts ». En France, 7 internautes sur 10 disent accorder de l’importance à Internet lorsqu’ils recueillent de l’information (contre 8 sur 10 à leur entourage ou moins d’1 sur 2 à la télévision par exemple). S’agissant de ce constat en particulier, on regrettera simplement qu’Harris Interactive ait posé une question qui paraît bancale et peu compréhensible. En effet, demander aux répondants s’ils accordent leur confiance à leur entourage, à Internet, à la presse écrite, à la radio et à la télévision revient à poser une question du type « Préférez-vous les bananes, les boîtes de conserve, le boeuf, le veau ou le mouton ? ». En effet, cette question comporte des réponses de trois natures très différentes, un cercle social (entourage), un réseau technique (Internet) et des médias à contenu (presse, radio, TV). On notera d’ailleurs qu’Internet contient les deux autres catégories plus qu’il ne les exclue : l’entourage sur les réseaux sociaux ou les médias sur leurs sites respectifs. L’ensemble des ces données et études convergent quoi qu’il en soit pour confirmer la place accrue qu’occupent Internet parmi la population française, le web social parmi les internautes et l’influence horizontale parmi ceux-ci.

3 septembre 2009

La tarte à la crème du sentiment analysis

ereputation, social media, social media monitoring — Guilhem Fouetillou
Il n’est pas un jour sans qu’un nouvel acteur apparaisse principalement aux Etats-Unis sur le secteur du social media monitoring. Le secteur connaît donc une explosion des acteurs en présence sans que cela ne se traduise par une augmentation des possibilités et fonctionnalités offertes par ces outils. On observe en effet depuis quelques mois une forme de stabilisation ou de convergence des features présentes dans tout outil de social media monitoring. Une analyse lointaine pourrait laisser penser qu’une telle homogénéisation des services est la résultante d’une adéquation entre l’offre et la demande, les clients de ce type de solutions y trouvant actuellement précisément les fonctionnalités attendues pour gérer l’image en ligne de leur marque ou de leurs clients. Il n’en est pourtant rien et nombre d’experts soulignent les insuffisances de ces solutions (voir par exemple l’excellent billet d’Asi Sharabi qui a suscité une importante polémique dans le secteur). Parmi ces fonctionnalités que tout outil se doit de mettre en avant on trouve l’analyse de tonalité, plus couramment appelé sentiment analysis. Chaque outil se targue de pouvoir taguer à la volée les contributions au sujet d’un produit ou d’une marque comme étant négatifs, positifs ou neutres et de produire des indicateurs agrégés permettant de repérer en un coup d’œil les humeurs de ses consommateurs. Une fois dépassé le discours commercial et l’orchestration permanente d’un buzz enthousiaste sur le sujet (par les revendeurs eux même forcément), la réalité est bien moins glorieuse et l’écart entre la pertinence réelle de ces outils et ce qui en est dit abyssal. Le langage n’est pas constant. Il varie en fonction des zones géographiques, des niveaux d’éducation, des âges, des centres d’intérêt. Il est en perpétuelle évolution et se réinvente continuellement, produisant de nouveaux mots, en exhumant des disparus, donnant des sens nouveaux à d’autres. Le TAL (traitement automatisé du langage) travaille activement sur cette complexité depuis plusieurs dizaines d’années et tous les experts s’accordent à dire que, bien que les progrès dans le domaine sont conséquents, il n’est pas possible de proposer des services tout terrain capables d’analyser automatiquement tout type d’expression issue de la variété des modes d’expression du web. Comme nous l’avons indiqué précédemment, le sentiment analysis présent sur la plupart des outils de social media monitoring limite la problématique du TAL en se proposant d’annoter les contenus analysés sur une échelle de tonalité allant du négatif au positif en passant par le neutre. Bien que l’ambition soit ici plus limitée, les résultats obtenus ne peuvent être jugés satisfaisants. Seule une partie extrêmement limitée du lexique des termes et expressions laudatifs et péjoratifs est partagée, sa grande majorité est dépendante du locuteur (origine sociale, âge, centres d’intérêt), du contexte élargi (contenus de la page mais aussi contenus des pages et sites en proximité). Ces difficultés ne sont pas insurmontables mais elles demandent une expertise et une intervention humaine continue n’autorisant pas la mise à disposition de tels services sur étagère ou sous forme de SaaS. Au final, la plupart des solutions existantes classe une grande majorité des prises de position comme étant neutres pour ne pas créer un bruit trop visible et décrédibilisant. Malgré cette sécurité, dans nombre de cas, les technologies sont incapables de repérer le sarcasme, l’ironie, l’implicite, le suggéré et tous ces éléments qui font qu’au final toute prise de parole est porteuse de jugement. Par conséquent, la qualification d’une prise de position comme étant « neutre » est la plupart du temps inappropriée et les résultats agrégés sur les proportions de messages positifs, neutres et négatifs de peu de confiance. Il est évidemment inquiétant de constater que nombre de marques, agences, instituts d’études s’appuient sur ce type de résultats pour orienter leurs actions ou préconisations. Tous profitent d’une cécité partielle ou complète des marques quant aux médias sociaux due à un manque de compréhension de ces nouveaux territoires ainsi qu’à l’absence de standards partagés et d’une mesure in fine du ROI (voir à ce sujet la présentation très pragmatique d’Olivier Blanchard sur la mesure du ROI dans les médias sociaux). Maintenir ce flou, c’est à terme, discréditer ce secteur d’activité et le mener à une mort certaine. Nous manquons aujourd’hui d’acteurs réellement indépendants, n’ayant pas d’intérêt à promouvoir ce type d’outils, pour poser des benchmarks s’appuyant sur leur utilisation en situation et non sur la comparaison de leurs fonctionnalités déclarées ou des entretiens avec leurs propres concepteurs et promoteurs … ps : je découvre à l’instant ce billet publié il y a quelques heures par le blog de ComMetrics qui va clairement dans le bon sens !
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